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Mini-contrariété, gros soupirs : comment composer avec les Caliméro du cab ?

Mini-contrariété, gros soupirs : comment composer avec les Caliméro du cab ?

Plus on râle au bureau, plus notre mode de pensée est négatif

Par Alice Forgereau, le 25/03/2021
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On se souvient tous de Calimero, ce mignon petit poussin avec sa coquille ébréchée sur la tête qui répète en boucle « C'est vraiment trop injuste ! » d’une petite voix zézayante.

Le syndrome de Calimero désigne les éternels plaintifs qui passent leurs journées à voir tout en noir. En effet, chez certains, chaque contrariété du quotidien devient un motif de plainte, au point d’exaspérer tous ceux qui les entourent. C’est toujours sur eux que tombent les corvées au bureau, les pannes de voiture, les grèves de métro ou les taches de sauce.

Si nous sommes tous un peu Calimero, comment supporter ceux qui nous entourent ? 😌👇


Comment les repérer et pourquoi faut-il les écouter râler  ?

Leur attitude peut être liée à un manque d'opportunités dans l'entreprise, à une surcharge de travail ou bien à un ennui et un désintérêt pour les tâches à effectuer. C'est au manager de bien identifier le problème.

Voici des profils avec lesquels vous êtes susceptible de devoir composer : 

  • Le râleur « maladif »

À peine a-t-il déposé ses affaires sur son bureau qu’il entame déjà une jérémiade. A 9h il est fatigué, à 10h il est mécontent car on lui donne trop de responsabilités. En somme, Monsieur/Madame se plaint à tous moments de la journée : un vrai fléau ! 

Notre conseil : évitez de rentrer dans son jeu et laissez le faire. En le plaignant davantage, vous risquez d’envenimer la situation. Le mieux à faire est de l’aider à relativiser les choses, tout en restant professionnel.

  • Le râleur « médisant »

Il se mêle de tout et propage des ragots quand l’envie lui prend. Le râleur médisant aime critiquer en interne, mais également en externe, ce qui peut véritablement impacter l’image de l’entreprise pour laquelle il travaille.

Notre conseil : désamorcez avec lui les sujets sensibles et incitez-le à exprimer son mécontentement de façon claire, afin d’éviter les colportages et autres méchancetés.

  • Le râleur « perfectionniste »

C’est un éternel insatisfait ! À l’entendre, personne ne fait bien les choses et ses collaborateurs sont des « moins que rien ». De toute façon, il fait tout mieux que tout le monde : « C’est nul ! » « Ça n’a aucun intérêt » « Pourquoi as-tu modifié cela ? », quoi que vous fassiez, ça ne lui plait pas !

Notre conseil : a priorité, c’est de lui faire comprendre que cette attitude est néfaste pour le groupe, afin de faire surgir en lui une véritable prise de conscience. Tout le monde ne pense pas comme lui et il est important de le lui faire savoir.

  • Le râleur « persécuté »

Il n’a jamais rien fait et ne se remet jamais en question (bah oui, c’est toujours la faute des autres). Par le plus grand des hasards, il tombe toujours sur les boss les plus tyranniques, sur les collègues les plus agressifs, sur les corvées les plus dures… tout le monde lui veut du mal.

Notre conseil : la solution la plus pertinente, c’est l’ignorance. Ce genre de personne cherche surtout à attirer l’attention et la pitié des gens, sans vraiment chercher de solutions aux problèmes.

On pourrait être tenté de verrouiller ses écoutilles et d’éviter le contact avec ces éternels insatisfaits, voire de moquer leur pessimisme et leurs jérémiades. Erreur ! Les Calimero ont besoin d’être entendus, ils se plaignent pour que leur souffrance soit reconnue. La nier ne fera qu’aggraver leur besoin de la manifester, et donc augmenter le volume de leurs plaintes.

Attention toutefois à certaines personnes toxiques qui utilisent la plainte à des fins de manipulation, ou qui se complaisent dans la lamentation permanente : une fois démasquées, elles sont à fuir.

 


Pourquoi agir ?

Il faut le savoir : dans une équipe, la mauvaise humeur chronique d'un seul (ou d'une seule) influe sur les autres et peut être source de démotivation. Selon une étude menée par la filiale américaine de Cornerstone :

Une personne toxique dans un service de 20 personnes augmenterait de 54 % le nombre de démissions.

Souvent, les "râleurs" semblent être des "personnalités" talentueuses et productives. Mais en apparence seulement ! Car ils ne ratent jamais une occasion de se plaindre et de critiquer les autres, tout en essayant de se faire bien voir de leur hiérarchie. Il est donc important d'être attentif à ces signaux faibles et toujours à l'écoute des collaborateurs afin de pouvoir agir au plus tôt avec efficacité.»

 


Un mois sans râler, chiche ?

Alors c'est vrai, parfois une promotion nous passe à côté, nos demandes d'augmentation restent lettre morte, ce sont toujours les mêmes clients qu'il faut rappeler... Mais selon le psychanalyste Saverio Tamasela, la plainte est déjà une action qu'il faut tenter remplacer par une autre. Ainsi, durant les heures de travail se changer les idées en faisant des pauses régulière est primordial.

Allez, on se donne les moyens de sourire ?! A l'image de nos voisins belges qui le 15 janvier dernier se sont lancé le défi de tenir un mois sans râler. Un mois pour retrouver goût à la bonne humeur et rebooster sa carrière ! En effet, selon une étude menée dans les années 80 auprès de commerciaux, ceux qui étaient les plus optimistes vendaient également davantage. On comprend pourquoi ce trait de personnalité est de plus en plus valorisé en entreprise...

Le défi consiste à passer 21 jours consécutifs sans râler. Le principe : mettre un bracelet à un poignet et le changer de poignet à chaque fois que l’on se surprend à ronchonner. Le compteur de jours restants repart alors à zéro 😊. L’ouvrage, écrit par la coache en entreprise Christine Lewicki et la DRH Emmanuelle Nave, propose une méthode dont le but est de nous faire "arrêter de râler" pendant 21 jours consécutifs. L’idée n’est pas de mettre les soucis sous le tapis. Mais de nous aider à mieux les identifier pour sortir de nos vaines ruminations et faire émerger des solutions constructives, ainsi qu’un sentiment de bien-être.


Râler au bureau c'est normal, mais il faut veiller à ce que cette habitudes ne gangrène pas le moral des troupes ! 💯

 

Alice Forgereau
Responsable communication chez HappyCab x VDC
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