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Pourquoi faut-il remercier la procrastination ?

Pourquoi faut-il remercier la procrastination ?

« Paresser, décaler, lambiner, atermoyer, ajourner, proroger, différer, décaler, musarder, zigzaguer, suivre des chemins de traverse » … pourquoi tant de négativité ?

Par Alice Forgereau, le 07/05/2021
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Procrastiner est une réalité pour bon nombre de travailleurs. Le procrastinateur, souvent associé à un manque de productivité, est donc souvent mal perçu par ses collègues et son employeur.

Alors pour changer la donne, voici les raisons pour lesquelles la procrastination ne doit plus être l'ennemi public numéro 1. 

Je procrastine, tu procrastines, nous procrastinons 

Comme tout le monde, vous avez certainement expérimenté le phénomène de la procrastination au moins une fois dans votre vie. La danger c’est de ne pas y prendre goût… ! L’art de la procrastination est pernicieux comme on nous l’a maintes fois répété, on dit carrément que ça serait « le mal du siècle ».  Mais procrastiner ne signifie pas ne rien faire, bien au contraire, c’est l’art de faire tout sauf la tâche que l’on doit faire. Cette « gestion du délais », comme la qualifie le professeur Frank Partnoy de l’université de San Diego, nous permet de ne pas prendre de décisions hâtives au travail ou dans notre vie privée. La segmentation d’une tâche est une excellente méthode pour que l'Everest ne vous écrase pas de sa superbe. Ainsi ne regardez pas la montagne mais la première marche à gravir !

La procrastination stimule la créativité : si nous attendons et donnons le temps à nos idées, nous obtenons quelque chose de vraiment original selon le professeur Adam Grant, professeur à l'Université de Pennsylvanie. Il affirme que nos premières idées sont souvent les plus conventionnelles, donc laissons le temps au temps.                                                                                                          

 

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Tirer profit de la procrastination

Nous savons que les comptables sont des bourreaux du travail mais la procrastination se trouve être salutaire dans certaines situations alors il faut apprendre à lever le pied sans culpabiliser. Si l’idée même de procrastiner vous donne des boutons, David d’Equainville a trouvé un remède définitif à vos réactions épidermiques : l’accepter. Mais comment les comptables peuvent-ils gérer la procrastination au bureau et l’apprivoiser ? Pas de panique, ce « défaut », bien utilisé, peut vous transformer en foudre de guerre autrement dit en procrastinateur « actif ». En effet, la procrastination peut être votre allié mais il faut l’apprivoiser pour qu’elle vous soit profitable :                                                                             

  • Demandez-vous si votre vie sera moins stressante si vous remettez ce travail à plus tard : même si vous ne pouvez pas prédire l’avenir si l’exécution de cette tâche peut se réaliser dans une ambiance peaceful plus tard, n’hésitez pas. L’écrivain belge François Weyergans parle même de défense immunitaire.                                                   
  • La procrastination améliore notre humeur et stimule notre énergie : si votre péché mignon c’est le jardinage prenez le temps de chouchouter votre bonsaï avant de retourner à vos missions, remonté à bloc !                                                                
  • Un retard intentionnel nous aide à prendre de meilleurs décisions : le sentiment d’urgence est efficace. Dans son livre Wait : The Art and Science of Delay (ou, en français, Prendre son temps : art et science de l´attente) Partnoy écrit : « nous devrions généralement retarder le moment de la prise de décision jusqu'à la dernière minute ». Ce temps de réflexion nous permet de peser le pour et le contre et de prendre de meilleures décisions. 
  • Attendre la dernière minute booste la productivité : on peut apparenter cela à une méthode de travail. Les plus talentueux maîtrise cet art d’une main de chef. En effet, loin de vous bloquer, cette situation vous procure un boost d’adrénaline. Dans ces cas-là, aucune raison de changer votre façon de faire ! Dans votre quotidien professionnel, votre mode de procrastination vous apprend à gérer les urgences grâce à un état de stress positif.                                             
  • Fixez des délais serrés : cela n'a pas beaucoup de sens de s'accorder un an 😌 (on exagère), pour terminer cette tâche comptable particulièrement rébarbative. Donnez-vous juste un week-end, et ainsi le lundi vous aurez probablement terminé.

Bien sûr, on ne dit pas d'être une grosse feignasse qui passe toute la journée sur le canapé, on vous conseille juste de lever un peu le pied et de profiter de la vie. Ceux qui ont adapté cette philosophie s'en sortent parfaitement et le vivent très bien !

Alice Forgereau
Responsable communication chez HappyCab x VDC
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