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Comptables et re-confinement : Le Spleen ?
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Comptables et re-confinement : Le Spleen ?

Le confinement : Épisode 2 est-il synonyme de morosité ? Pas si sûr !

Par Alice Forgereau, le 04/11/2020
6 min de lecture
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Au cours de la semaine dernière, les contours du confinement se sont précisés et ce jeudi 29 octobre Jean Castex a mis un point final à ce suspens intenable : le confinement est de retour ... et notre mélancolie également. Se laisser aller au désespoir est tentant mais tellement néfaste pour notre motivation. Alors haut les cœurs ! N’est-ce pas le moment d’utiliser notre expérience passée à notre avantage ?

 

Comme un air de déjà vu

Vous pensiez que le confinement n’allait pas être d’actualité si tôt, eh bien c’est raté ! Et ce n’est que le début puisque désormais nous parlons de re-confinement et qu’il est décrété jusqu’au 1er décembre minimum. Le ministre de la santé n’exclut pas toutefois de « faire évoluer certaines règles » en fonction de la situation. Donc autant prendre notre mal en patience. Lors du premier acte, en mars dernier, les français s’étaient retrouvés dans un quotidien vertigineux où tout était à repenser avec de nouveaux repères. A la différence du premier confinement nous avons appris à réaliser nos différentes missions  en télétravail. Notre sens de l’organisation qui a été mis à rude épreuve en début d’année nous a permis de révéler d’autres ressources et savoir-faire et plus rien ne nous effraie. Et puis selon les termes du premier ministre Jean Castex :

« Une deuxième vague était annoncée et prévue. »

Ainsi vous n’avez aucune excuse pour rejouer les scènes épiques d’abandon du cabinet comme vous les avez photographiées ci dessous : 

Merci à notre communauté pour ces précieuses images d’archives !

 

Cette fois, pas de ville fantôme mais une ambiance morose, comme si tous les jours de la semaine étaient des dimanches pluvieux : telle est l’impression d’une majorité d’entre nous au début de ce confinement « aménagé ». Beaucoup, et pas forcément les cinéphiles, parlent d’ « un jour sans fin » et s’étonnent  des « Cent nuances de télétravail » selon la formule du Monde. Pourtant la ministre du travail Elisabeth Borne a été très claire dès le 29 octobre : « Le télétravail n’est pas une option mais une obligation » pour les travailleurs, salariés ou indépendants qui peuvent exercer leur activité à distance. Mais les entreprises appliquent cette règle à la carte sans vraiment jouer le jeu. La baisse de fréquentation du métro parisien  aux heures de pointe n’est pas significative. On est loin des couloirs quasi déserts du printemps dernier et des premières rames de la matinée remplies à 5%. Sept mois après la première vague de la pandémie, la peur du coronavirus a fait place à la lassitude et le télétravail va moins de soi. S’il n’y a plus de novices du télétravail, il n’y a pas pour autant d’enthousiasme excessif pour le travail confiné. En effet, la plupart des entreprises ont eu le temps de tirer les enseignements du premier confinement. Préserver l’état psychologique des salariés astreints au télétravail sur une longue période est devenue préoccupation numéro 1. Dans ce contexte difficile, le bureau peut être une bouffée d’oxygène et les responsables des ressources humaines en sont désormais persuadés : il est primordial de réussir à maintenir l’équilibre psychologique des télé-travailleurs tout en respectant les consignes gouvernementales. L’équation est complexe  ! Qu’en est-il sur le terrain et en particulier dans les cabinets d’expertise comptable ?

 

Cab ou pas cab ? : Les résultats 

Nous avons voulu en savoir un peu plus sur les modes opératoires de cette nouvelle période de confinement dans la profession comptable. Pour réaliser cette petite enquête au cœur de la compta, notre communauté HappyCab x VDC nous a prêté main forte. Quoi de mieux que de  solliciter directement la plus grosse communauté comptable à l’aide d’un sondage ? Vous avez joué le jeu et nous souhaitons partager quelques données avec vous. 

C’est en associant les résultats Instagram et Facebook que nous avons obtenu une idée plus précise du télétravail dans la profession. La majorité des pros de la compta continuent d’aller au cab mais beaucoup confient avoir un emploi du temps mixte. Certains professionnels dans l’obligation de se rendre sur place avouent leur inquiétude face à une décision qu’ils jugent incompréhensible, pour d’autres les émojis parlent d’eux-mêmes. D’autres encore ont recours aux points de suspensions plus éloquents qu’une longue phrase.

Voici un court florilège de réactions à chaud :

Il y a ceux qui ne comprennent pas le non-respect des préconisations gouvernementales  :

 

Il y a ceux qui s’interrogent et se font du souci pour leur boss :  

 

D’autres se réfèrent à la période fiscale et relativisent :  

 

Il y a les émotifs, de la colère aux larmes tout y passe :

 

Bref, beaucoup de réponses qui reflètent la diversité des situations et des vécus.

 

Compta/télétravail : compatibles ?-

 

Selon une étude réalisée en 2017, le télétravail séduit de plus en plus et a été adopté par plus de ¾ des entreprises du CAC 40 à titre expérimental. Aujourd’hui, pratiqué au cas par cas, le télétravail fait l’objet d’une réflexion de la part des dirigeants de cabinets, conscients de sa valeur ajoutée pour recruter et fidéliser leurs futurs collaborateurs. Pour une majorité la définition de télétravail a vraiment pris sens depuis quelques mois seulement. Dans l’imaginaire, ou plutôt le fantasme collectif, le télétravail c’est cool et sans contraintes... Mais ce n’est pas à vous que l’on va apprendre la réalité des choses. Pour ne pas commettre d’impairs et s’accorder sur une définition commune, référons nous au code du travail :

 

« Toute forme d’organisation du travail dans laquelle un travail qui aurait également pu être exécuté dans les locaux de l’employeur est effectué, par un salarié, hors de ces locaux de façon régulière et volontaire en utilisant les technologies de l’information et de la communication, dans le cadre d’un contrat de travail ou d’avenant à celui-ci ».

 

Ainsi, le régime du télétravail implique les mêmes conditions et les mêmes droits qu’un régime normal (droits à la formation, à la médecine du travail, salaire identique…).  L’employeur est chargé de couvrir tous les frais liés à cette mise en place du télétravail. Pour cela, il doit mettre à la disposition du salarié le matériel nécessaire et prendre en charges les coûts du matériel, des logiciel, la maintenance du matériel ainsi que les abonnements de télécommunication. Au delà de ce qui s’est fait en entreprise avant mars 2020 et de la définition du code du travail, le confinement a été une sorte de laboratoire géant qui nous a conduis à des questions fondamentales sur nos métiers et leurs conditions d’exercice.

 

Dans un sondage Deskeo de fin mars 2020, 76% des salariés disent regretter leur bureau et leur espace de travail quotidien au bout de quinze jours de confinement. Une enquête de l’Ugict-CGT sur les conditions de travail et d’exercice de la responsabilité professionnelle durant le confinement de ce printemps, menée du 8 au 24 avril, révèle qu’un tiers des personnes en télétravail n’ont pas été dotées par leur employeur en équipement informatique (34 000 réponses reçues de personnes pas toutes syndiquées). Cette enquête montre également que 84% des salariés n’ont pas eu de prise en charge des frais de connexion et des logiciels et que près de 80 % ne disposent pas de droit à la déconnexion.

 

Après ces rappels utiles, revenons à nos moutons et surtout à nos chers comptables en télétravail ou pas ! Contrairement aux clichés qui associent comptables et montagnes de vieux dossiers s’empilant sur un  bureaux ou débordant des armoires, la profession a su se transformer. Elle a modernisé les outils et les processus grâce à la digitalisation, en particulier pour les activités de base ( saisie comptables, bilans...). Mais cette digitalisation n’est pas achevée dans tous les cabs et cela ne permet pas au télétravail d’être pleinement satisfaisant.

 

Si certains peuvent  facilement dire adieu  à leur bureau ou à leur open space, d’autres ont du mal à établir une limite  nette entre vie professionnelle et vie personnelle lorsqu’ils télétravaillent et ils ont mal vécu cette confusion des genres lors du premier confinement. Loin d’être « des machines productives », les comptables apprécient les relations avec leurs collègues, les échanges, la dynamique d’un groupe de travail et la pause autour de la machine à café ! Ils aiment aussi assurer leur fonction de conseil et d’expertise auprès de leurs clients, ce dont ils ont été privés au printemps dernier.  

 

Dans cette période d’incertitudes les comptables et experts-comptables résistent. Au cab ou en télétravail, ils sont déterminés à poursuivre leur activité. Ils restent plus décidés que jamais à supporter leurs clients malgré le spleen ambiant. 

 

 

 

Auteur(e) :
Alice Forgereau
Responsable communication chez HappyCab x VDC
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